L’histoire des épices et des plantes aromatiques se confond avec celle de l’humanité, mais l’homo sapiens était-il pour autant un gourmet ?

Ce serait beaucoup dire mais l’étymologie nous enseigne que « savoir » et « saveur » ont une même racine : saper. Ainsi le goût – au sens de saveur – et le goût – au sens de discernement – ont valu à notre ancêtre d’être qualifié d’Homo sapiens sapiens, l’homme qui réfléchissait et savait déguster.

Soyons pratiques…

Une question que l’on me pose souvent : peut-on consommer beaucoup d’épices et herbes aromatiques ?

OUI ! Et je vous conseille même d’en consommer quotidiennement. Alors que les épices sont utilisées depuis des siècles pour soulager de nombreuses maladies et éviter des contaminations, un procès d’intention leur fut intenté au 20ème siècle. Certains ignorants et faux cuistres prétendent encore qu’elles sont responsables de maux d’estomac, d’ulcères, de problèmes circulatoires et autres soucis de santé. Ne les écoutez pas, ils ne savent pas de quoi ils parlent. Les épices et les herbes sont au contraire cicatrisantes, digestives, exercent une action tonifiante sur le système circulatoire et possèdent de nombreuses vertus thérapeutiques.

Bien sûr, il n’y a encore pas si longtemps, nos aïeux mangeaient de la viande et du poisson pas toujours frais, se régalaient de fromages « habités » et buvaient des vins piqués ; certains étaient naturellement enclins aux ulcères et le poivre et les piments ne pouvaient qu’accentuer l’irritation. Toutefois, ils n’en étaient pas la cause et le clou de girofle, la cardamome, le gingembre et le curcuma, les romarin, basilic et sauge officinale les auraient soulagés. Heureusement les temps évoluent ; les épices et les herbes reviennent à l’honneur grâce à de nombreux Chefs à la bouche gourmande et autres spécialistes de santé qui savent de quoi ils parlent. Utilisez-les sans crainte, elles sont délicieuses et entretiennent votre santé ; elles sont digestives, régulateurs hépatiques, immunostimulantes, anti-infectieuses, antiputrides intestinaux… leurs propriétés sont légion ! Apprenez à les connaître pour associer à leur goût leurs propriétés ; toutefois n’oubliez pas qu’en cuisine, c’est leur qualité culinaire qui prime.

Une autre question : les plats épicés sont-ils toujours piquants ?

NON ! Ne confondez pas mets « épicés » et « relevés ». Les épices aromatisent un plat, les piments le relèvent. Le piment est employé pour rehausser les saveurs des épices et porter leurs arômes du début à la fin de la dégustation. C’est la raison pour laquelle le piment doit s’incorporer au début de la cuisson et non à la fin, sinon il couvre les arômes épicés et camoufle les saveurs des mets par sa violence.